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Le Pays de Messancy
Le Pays de Messancy est situé
à l’extrême sud de la Belgique. Il a une frontière
commune avec le Grand - Duché de Luxembourg et n’est distant de
la France que de quelques kilomètres.
Le Pays de Messancy est constitué
de l’actuelle commune de Messancy, issue de la fusion des communes de Habergy,
Hondelange, Messancy, Sélange et Wolkrange. Guerlange a de nombreux
liens historiques avec Messancy mais fut rattaché à Aubange
lors de la fusion des communes en 1977.
Ce territoire s’étend de part
et d’autre de la rivière "Messancy", appelée aussi "Klein
Korn" ou "Petit Chiers". La Messancy se jette dans la Chiers à Athus.
D’un point de vue géologique,
la partie de la Belgique assise sur des terrains Secondaires (Sinémurien
et Bajocien) située au sud du massif Primaire Ardennais forme la
Lorraine belge. En géographie humaine, on y distingue deux sous-régions
: la Gaume à l’Ouest parlant un dialecte wallon proche du lorrain
français et le Pays d’Arlon à l’Est parlant un dialecte haut-allemand,
le francique-mosellan ou luxembourgeois. Le Pays de Messancy est intégralement
compris dans le Pays d’Arlon.
Pour découvrir des cartes
de géographie physique et humaine, les données de population
et d’activité de la région des Trois Frontières, nous
ne pouvons que conseiller le site www.agglo-ped.org
remarquablement réalisé par l’Association Transfrontalière
de l’Agglomération du Pôle Européen de Développement.
Brève histoire de Messancy
(D’après un texte, rédigé
en 1996 par J.M. Zimmerman, qui fut édité sous forme de plaquette
à l’occasion des festivités du 900e anniversaire de Messancy.
Les sources principales en sont l’ «Histoire religieuse de Messancy
» de l’abbé M. Muller et les « Communes Luxembourgeoises
» de Tandel.)
Le 900e anniversaire de Messancy
Les anniversaires se basant uniquement sur des écrits
officiels, c’est à une Bulle du pape Urbain II de 1096 que nous
devons de pouvoir commémorer le 9ème centenaire de Messancy
en 1996.
C’est dans ce document que le nom de Messancy est signalé
pour la première fois. Cette bulle confirmait les biens que possédait
l’abbaye de Juvigny près de Marville : « In Gualkeringi
mansus unus. Apud Ase (Aix-sur-Cloie) juxta Masancejum (Messancy) terrae
».
Le texte complet de cette Bulle a été reproduit entre
autres dans l’Histoire de Lorraine de Dom Calmet, publiée à
Nancy en 1728. Des recherches ont été effectuées par
le Cercle Historique de Messancy auprès des Archives de Bar-le-Duc
ainsi que du Vatican et n’ont pas permis de retrouver de copie de ce texte.
Origine du nom : plusieurs chercheurs ont donné leur version
(cfr Tandel et Chroniques n° 9 1997). D’après eux, le nom pourrait
provenir de « manse » ou « marché » ou «
marais ».
[L’hypothèse retenue actuellement par plusieurs auteurs est
bien résumée par le prof. J. Loicq de l’Université
de Liège (ouvrage à paraître) : « … les
innombrables noms de lieux en –acum, précédés le plus souvent d’un nom
de personne romain, révèlent les origines présumées
gallo-romaines de nos communes en –y. Ces noms sont généralement
interprétés comme étant ceux de biens-fonds acquis
par des citoyens romains ou des gaulois romanisés et dont l’exploitation
agricole (villa) est devenue, en se développant, le noyau d’un village
et, à l’époque chrétienne, d’une paroisse».
Des premières orthographes relevées en 1096 : Masancejum
et 1286 : Maxencei, on peut imaginer que le personnage romain propriétaire
de la villa s’appelait Maxence. C. Moïs
2003]
Périodes pré-romaine, romaine et franque
D’après des prospections et photos aériennes
effectuées par le Groupe de Recherches aériennes du Sud belge,
un site néolithique (5500 à 1500 av. J.C.) a été
découvert au lieu-dit « Hart » sur les hauteurs de Messancy.
Nous pouvons aussi nous prévaloir de vestiges romains et mérovingiens.
Des traces de constructions romaines ont été découvertes
à la fin du 19ème siècle aux lieux-dits « Kachtel
» et « Hart » par l’abbé F. Loës, un ancien
curé de Hondelange qui était secrétaire de l’Institut
Archéologique du Luxembourg. Des travaux de terrassement puis une
campagne de fouilles ont permis d’explorer en 1987 une nécropole
gallo-romaine du 1er et 2ème siècles sur le plateau situé
à l’extrémité de la rue de Luxembourg (plus de 80
tombes explorées). Un toponyme « Römersberg » rappelle
la présence d’un habitat d’époque romaine.
En 1878, on découvrit dans le vieux
cimetière des sarcophages mérovingiens. Cela sera confirmé
en 1904 par J.B. Sibenaler.
De 843 à 1451. Le Moyen Age
1096, première mention du village de Messancy dans une Bulle
du pape.
1214 : le village est appelé METZIG et un document de cette
époque nous donne le nom d’un seigneur (le premier ?) : Anselme.
A-t-il participé aux côtés du comte de Luxembourg à
la guerre contre le comte de Namur ?
En 1286, un maire est connu, c’est Henemans. Beaucoup de bonnes terres
sont en possession du seigneur et des religieuses du couvent de Clairefontaine.
En 1292, alors que le seigneur de Messancy dépendait du comte
d’Arlon, une charte (parfois contestée) fait état d’un passage
de la terre de Messancy au duché de Bar.
En 1309, Messancy est dite « franche ville » ou ville affranchie
à la loi de Beaumont. La mairie dépend du comte d’Arlon.
Les habitants de Messancy revendiquaient leur affranchissement depuis 1276
et possédaient, depuis cette date, une organisation communale.
En 1323, plusieurs moulins existent à Messancy.
En 1328, première mention d’un curé du nom de Abert.
La paroisse verse une redevance de 25 sols à l’Archevêché
de Trèves dont elle dépend.
Vers cette époque, les seigneurs de Messancy prennent plus d’importance
et se rapprochent des comtes de Luxembourg. Ils font partie du siège
des nobles.
En 1363, Gilles de Messancy (connu comme chevalier en 1360) est prévôt
à Arlon et ses successeurs Gilles II et Jean II le seront également.
En 1441, Elisabeth de Goerlitz, héritière du Luxembourg,
vend ses droits à Philippe le Bon, duc de Bourgogne, pour une pension
annuelle de 8.000 florins. Les luxembourgeois ne ratifient pas ces arrangements.
Les troupes de Philippe le Bon pénètrent dans le Luxembourg
et prennent notamment Arlon. Voulant probablement épargner son château,
Jean II de Messancy prend parti pour le duc de Bourgogne. Des bourgeois
de Luxembourg, de passage à Messancy, sont molestés. Le curé
Nicolas Bock érige en 1449 une fondation pour une messe hebdomadaire
dite à l’autel de Saint-Christophe pour le duc de Bourgogne.
De 1451 à 1482 – Période bourguignonne
En 1451, au décès d’Elisabeth de Goerlitz, Philippe le
Bon se fait reconnaître par les Etats Généraux réunis
à Luxembourg. Jean II de Messancy assistait à cette cérémonie.
Le 23 janvier 1463, Jean II, dernier seigneur de la branche Messancy,
fait donation de sa forteresse et de ses biens à ses deux filles
encore vivantes, Mathilde mariée à Bernard de Hondelange
et Marguerite mariée à Claus de la Pierre.
De 1482 à 1555 – Période autrichienne
A partir de cette époque, des seigneurs plus
importants rachètent ou se partagent la seigneurie de Messancy et
placent au château des officiers chargés de récolter
les dîmes (taxes). Ces nobles seront Jean Tristant venu de Trèves,
Jean de Kesselstadt, Bernard Tristant, Bernard de Schauwenbourg, Christophe
de Kesselstadt, Werner de Geisbusch, Jean II de Naves qui sera secrétaire
et conseiller de Charles-Quint.
Le dénombrement des habitants de Messancy (Differt et
Longeau compris) de 1495 indique 35 ménages de contribuables. A
ceux-ci, il faut ajouter les privilégiés et les mendiants,
ce qui fait environ 170 personnes. En 1528, ce chiffre diminue de moitié,
peut-être à cause de la peste qui fait déjà
son apparition. Les habitants évacuent les villages. En 1542, suite
à la quatrième guerre que se livrent Charles-Quint et François
1er, les troupes françaises envahissent le Luxembourg et, au passage,
brûlent le château et le village. En 1554, la peste revient
à nouveau.
De 1555 à 1714 – Période espagnole
A Messancy, les seigneurs des familles de Bellenhausen,
de Hoengen, de Schoenberg, de Reiffenberg, de Zoetern se partagent les
biens et revenus du village. Régulièrement, des hommes d’armes
visitent la région et emportent les graines et les récoltes.
C’est de bonne guerre car ceux de Messancy font de même.
En 1570, une première visite canonique nous apprend qu’il y
a 200 personnes en âge de communier. L’autel Saint-Nicolas rapporte
à son bénéficiaire, le fils du greffier de Thionville,
6 maldres (1920 litres) de seigle et d’avoine.
Faisant suite à un décret promulgué par Charles
IX en 1564, le duc de Lorraine et de Bar Charles III décide en 1580
de commencer dorénavant l’année au 1er janvier. Auparavant,
celle-ci commençait le 25 mars. En 1582, on compense le décalage
et le lendemain du 4 octobre fut le 15 octobre.
De 1587 à 1590, six sorcières et sorciers convaincus
de sortilèges sont exécutés par le feu. Leurs biens
sont confisqués.
En 1621, première mention du four banal loué à
Guillaume Wagner.
En 1635, dégâts dus à la Guerre de Trente Ans.
L’empereur d’Allemagne allié de l’Espagne dirige vers la France
une armée de mercenaires croates, polonais (polaques) et hongrois
sous les ordres de généraux sanguinaires. Les troupes traversent
le Luxembourg et rentrent en France. Ayant été refoulées,
elles se livrent dans nos régions à des pillages et des assassinats.
D’autre part la peste sévit à nouveau et décime deux
tiers de la population. Certains villages vont disparaître.
En 1656, Messancy compte 4 ménages contribuables : les chefs
de famille sont Bernard Thomas, Pierre Nickels, Maria Boures et Nicolas
Zimmerman. Turpange, Sesselich et Weyler sont déserts.
De 1681 à 1697, suite à l’occupation du Duché
de Luxembourg par les Français, les seigneurs de Messancy font hommage
au roi de France.
Chaque année, une foire est organisée à la Saint-Jacques,
patron de l’église (25 juillet). Les taxes reviennent à la
comtesse de Schoenberg, dame de Messancy et veuve d’Emmanuel de Schoenberg
décédé en 1681. Il est d’usage que la veille de la
foire, la justice s’assemble vers le soir et désigne quatre gardes
pour patrouiller pendant la nuit afin d’empêcher les vols, les querelles
et excès. La justice reste assemblée toute la nuit pour faire
respecter le bon ordre.
De 1714 à 1795 – Période autrichienne
En 1725, on recense 104 maisons à Messancy
1758 : premiers « anciens combattants ». Hubert Schiltz
de Messancy, cordonnier de 22 ans, s’engage pour 3 ans dans le Régiment
de Ligne. En 1760, ce sera le tour de Joseph Conrardy, Jean Schoumacher
et Jean Mendels de s’engager dans le Régiment d’Arberg.
En 1764, première émigration d’habitants de Messancy
vers l’Amérique et le Banat (S.E. de Belgrade). Treize personnes
partiront encore pour le Banat en 1783.
En 1766, dénombrement et recensement des biens et ressources
dans le Luxembourg.
En 1770, Marie-Thérèse d’Autriche puis son fils Joseph
II commencent à réformer les règles établies
depuis la charte de Beaumont. L’Eglise et les prêtres sont spécialement
visés.
En 1778, les biens communaux à l’exception des bois sont partagés
entre les chefs de famille.
En 1792, la France déclare la guerre à l’Autriche.
De 1795 à 1815 – Période française
Du 7 au 9 juin 1793, les troupes françaises stationnées
à Longwy marchent vers les Autrichiens cantonnés à
Arlon. Après la bataille de Weyler et la prise d’Arlon, le village
de Hondelange est mis à sac, les églises de Turpange et Sélange
sont incendiées. Lors d’une autre offensive française en
1794, l’église de Messancy est pillée, les cloches sont enlevées.
Ensuite la période fut relativement calme.
L’enseignement, jusque là assumé entièrement par
les prêtres, est progressivement confié à des instituteurs
laïcs.
En passant de la simple commune au rang de chef-lieu de canton, avec
justice de Paix, Messancy voit l’arrivée des familles Tesch, Nothomb,
Marlet, de Mathelin qui influenceront son histoire.
Il n’y a toujours pas de médecin au village. Agnès Schiltz,
née à Hautcharage, exerce le métier de sage-femme.
La mairie compte 948 habitants en 1810.
De 1815 à 1830 – Période hollandaise
Les documents sont à nouveau rédigés
en allemand. A cause du développement limité de l’enseignement,
la vie culturelle est peu active. Aucun journal ne paraît. Un tiers
de la population n’a pas d’emploi et l’enseignement est à nouveau
payant.
Un arrêté du roi Guillaume, en 1822, supprime les bureaux
centraux de Bienfaisance et renvoie aux communes la charge des nécessiteux.
En 1823, une réorganisation des communes provoque l’agrandissement
de Messancy. Les habitants de Differt, Longeau, Guerlange, Sélange,
Turpange, du moulin de Longeau, de Noedelange et du Petit Marlet sont rattachés
à Messancy.
La paroisse de Messancy est élevée au rang de chef-lieu
de doyenné et en 1829, le curé Jean Kauffmann, né
à Useldange, devient le premier doyen.
De 1830 à nos jours – Période d’indépendance
Jean-Baptiste Nothomb, enfant de Messancy né le
3 juillet 1805, devient à 25 ans une figure de proue du jeune Gouvernement
belge et sera surnommé « Père de la Constitution ».
En 1831, Guillaume 1er envahit le pays et veut le reconquérir
mais il est trop tard.
En 1833 débute à Messancy la construction de la première
maison d’école pour garçons.
En 1839, Guillaume 1er signe le Traité des 24 articles qui sépare
définitivement le Grand-Duché de Luxembourg de la Belgique.
Les nouvelles frontières sont tracées le long de la commune
de Messancy.
1845 : crises économiques et disettes se succèdent. De
nombreux habitants de la région choisissent d’émigrer aux
Etats-Unis. Messancy compte alors 2205 habitants.
En 1847, construction d’une nouvelle église.
En 1850, nouvelle maison communale comprenant aussi une maison d’arrêt
et le tribunal de police.
Le 26 octobre 1858, on inaugure à Arlon la ligne de chemin de
fer qui relie le chef-lieu de province à Bruxelles. Messancy sera
desservi par le rail en 1863, année d’ouverture de la ligne Longwy
– Paris.
Une épidémie de choléra fait 100 morts à
Messancy en 1866.
En 1872, les ingénieurs barons Fernand et Hippolyte d’Huart
de Longwy investissent à Athus dans la construction d’une usine
métallurgique. Les habitants de la région, d’agriculteurs
se muent en ouvriers.
En 1876, Sélange redevient une commune autonome.
En 1877, on aménage à Messancy la distribution d’eau
courante.
En 1888, les Pères Maristes font l’acquisition de la maison
Marlet à Differt et y développe une école ainsi qu’un
noviciat.
1914 – 1918 : la Grande Guerre : Messancy aura son lot de déportés,
prisonniers et combattants.
En 1928, l’électricité est installée au village.
1940-1945 : seconde guerre mondiale. Des messancéens combattent
au front, sont prisonniers en Allemagne, s’engagent dans la Résistance.
Le village souffre peu du conflit mais le 10 janvier 1945, un train
de munitions explose en gare, causant de nombreux dégâts matériels.
En 1970, l’administration communale acquiert le château de Mathelin
en ruine ; celui-ci brûlera en 1978.
En 1974, implantation d’un « hypermarché » Cora
En 1977, fusion des communes. Celles de Habergy, Hondelange, Wolkrange
et Sélange sont regroupées avec Messancy.
Conclusions
Tout n’a pas été écrit sur l’histoire
de Messancy, de nombreux sujets n’ont pas été abordés.
Il nous appartient de pousser plus loin nos recherches, de fouiller les
archives, de questionner les anciens afin de retrouver notre histoire et
de la transmettre aux générations futures. Quelques érudits
dont le plus fécond est sans conteste l’abbé Maurice Muller,
le Cercle « Histoire et Folklore de Messancy » sous la présidence
du notaire Robert Bricart dans les années 1960 s’y sont déjà
attelés. Depuis 1988, le « Cercle Historique du Pays de Messancy
» s’y emploie également. Un immense chantier s’offre encore
à nous et ces quelques pages témoignent des premiers résultats
obtenus.
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